Toulouse & Occitanie

Manger local autour de Toulouse : ce que disent les chiffres de la bio en Occitanie et le projet alimentaire de la métropole

Toulouse & Occitanie · Publié le 2026-10-27

Étal de marché avec des paniers de tomates rouges et de fenouils frais
Étal de tomates et de fenouils sur un marché, en 2017. Photographie d'Anurag Arora, CC0. Illustration générale, prise hors d'Occitanie.

Acheter en vrac, c'est réduire les emballages. Acheter local, c'est raccourcir le chemin entre le champ et l'assiette. Les deux démarches se croisent souvent sur les marchés et dans les épiceries, mais elles ne se confondent pas. Autour de Toulouse, la question du local se pose dans une région agricole de premier plan, et dans une métropole qui, de son propre aveu, importe l'essentiel de ce qu'elle consomme.

Une grande région bio

D'après les chiffres de l'Agence Bio pour 2025, présentés par Interbio Occitanie, l'interprofession régionale de l'agriculture biologique, l'Occitanie garde son rang de première région bio de France en nombre d'exploitations et en surfaces. Elle compte 14 634 exploitations bio, un chiffre stable par rapport à 2024, et plus d'un quart des fermes de la région sont en bio. Les 606 502 hectares cultivés en bio ou en conversion représentent 19 % de la surface agricole utile régionale.

La composition de ces surfaces surprend parfois : l'Occitanie doit sa première place surtout à l'élevage. Les surfaces fourragères représentent 63 % des surfaces bio régionales, les grandes cultures 20 % et la vigne 8 %. Le Gers est le premier département français pour le nombre d'exploitations bio. En aval, la région compte 3 006 opérateurs certifiés en 2025, dont plus d'un millier de commerçants de détail ; Interbio Occitanie note que les magasins bio sont plus nombreux autour des grandes métropoles, Toulouse et Montpellier.

À l'échelle nationale, Interbio rappelle qu'après plusieurs années de croissance, les surfaces cultivées en bio ont baissé pour la troisième année consécutive, de 1 % en 2025, pour s'établir autour de 2,7 millions d'hectares et 61 159 exploitations.

Une métropole qui importe l'essentiel

La proximité d'une grande région agricole ne signifie pas que la métropole se nourrit localement. Sur sa page consacrée au projet agricole et alimentaire, Toulouse Métropole écrit que, malgré la présence d'opérateurs économiques sur son territoire, 75 % des achats de produits agricoles et agroalimentaires sont importés et 91 % de la demande n'est pas captée par le territoire. Elle souligne aussi qu'un tiers des agriculteurs de la métropole est sur le point de partir à la retraite, et qu'il faut préserver les 10 600 hectares de foncier agricole qui restent.

La métropole se situe au cœur d'un bassin céréalier. Pour diversifier les productions destinées à la consommation locale, elle a identifié le maraîchage et les légumineuses comme des filières stratégiques : introduire des lentilles ou des pois dans les rotations de blé, par exemple, apporte selon elle des bénéfices environnementaux. Nous donnons quelques repères pour cuisiner ces légumes secs, très présents en vrac, dans notre rubrique fait maison.

Le projet agricole et alimentaire de la métropole

Depuis 2018, Toulouse Métropole anime une démarche de projet alimentaire territorial, labellisée par l'État, avec l'ambition de bâtir un système alimentaire durable ancré localement. Fin 2022, elle a adopté la deuxième feuille de route de son projet agricole et alimentaire métropolitain : 45 partenaires se sont engagés autour de quatre objectifs et de plus de 80 actions.

  1. Soutenir la production locale et l'installation agricole, notamment grâce à un réseau de fermes d'impulsion communale, comme la ferme de Borde Bio aux Trois-Cocus et le domaine agricole de la Ville de Toulouse à Candie.
  2. Accompagner la restauration collective vers moins de gaspillage et plus de produits bio et locaux : les communes de la métropole servent 60 000 repas par jour, et la Métropole vise 30 % de bio dans les assiettes, au-delà des obligations de la loi Egalim (50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % de bio).
  3. Structurer les filières : approvisionnement local, logistique, transformation. Le Grand Marché, équipement de Toulouse Métropole qui sert de centrale d'achat aux restaurants et commerces de bouche, doit augmenter son offre de produits bio et locaux.
  4. Sensibiliser et faciliter l'accès de tous à une alimentation saine et durable, par des événements, des fermes ouvertes et des partenariats associatifs.

La Métropole cite par exemple le défi « Foyers à alimentation positive », organisé avec l'association Bio Ariège-Garonne : près de 450 personnes l'ont relevé au fil de trois éditions, selon la collectivité, pour montrer qu'une alimentation bio et locale est possible sans augmenter son budget.

Vrac, local, bio : trois choses différentes

MentionCe qu'elle garantitCe qu'elle ne garantit pas
VracPas d'emballage, quantité choisie, contenant réutilisableL'origine, le mode de production
Bio (AB, Eurofeuille)Un mode de production certifié selon le règlement européenL'origine locale, l'absence d'emballage
« Local »Rien de précis : le mot n'a pas de définition légale généraleUne distance, un mode de production

Pour savoir d'où vient un produit vendu en vrac, il faut donc regarder l'affichage de l'origine, quand il est obligatoire (fruits et légumes frais, par exemple) ou volontairement indiqué, et poser la question au vendeur. Les marchés de plein vent, où les producteurs côtoient les revendeurs, sont un bon endroit pour le faire : voir notre guide des marchés de Toulouse.

Ce que l'on peut faire, à son échelle

Privilégier les produits de saison, demander l'origine, fréquenter les marchés où vendent des producteurs, participer aux événements de fermes ouvertes signalés par la Métropole : les leviers individuels sont modestes, mais ils rejoignent les objectifs du projet alimentaire. Le choix du quartier où l'on vit compte aussi, par la proximité d'un marché ou d'une ferme urbaine : c'est l'un des points de notre guide pour choisir un logement à Toulouse en pensant à ses déchets.

Sources