Moins de déchets chez soi

DLC et DDM : lire les dates des aliments pour moins gaspiller, emballés ou achetés en vrac

Moins de déchets chez soi · · Publié le 2026-10-30

Étagère d'herbes et d'épices en bocaux de verre dans une épicerie sans emballage
Rayon d'herbes et d'épices dans une épicerie sans emballage de Potsdam (Allemagne), en août 2024. Photographie de Nylki, CC0. Illustration générale.

Un yaourt oublié au fond du réfrigérateur, un paquet de riz entamé dont la date est passée depuis un mois : faut-il jeter ? La réponse dépend de la date imprimée, et surtout de sa formulation. Il en existe deux, qui n'ont pas du tout le même sens. Les confondre conduit à jeter des aliments parfaitement consommables, ou au contraire à garder ce qui devrait partir. Et quand on achète en vrac, il n'y a parfois pas d'étiquette du tout : c'est alors au client de tenir le calendrier.

Deux dates, deux logiques

Les règles d'étiquetage des denrées alimentaires sont fixées au niveau européen par le règlement (UE) n° 1169/2011, dit règlement INCO, entré en application le 13 décembre 2014. C'est lui qui distingue les deux dates, et qui a remplacé l'ancienne « date limite d'utilisation optimale » (DLUO) par la date de durabilité minimale.

La date limite de consommation (DLC) concerne les denrées très périssables du point de vue microbiologique, souvent riches en eau, qui peuvent présenter un danger pour la santé après une courte période : viandes et poissons frais, yaourts et desserts lactés frais, plats cuisinés réfrigérés non stérilisés. Elle s'exprime par la formule « à consommer jusqu'au » suivie du jour et du mois. Une fois la date passée, le produit doit être retiré de la vente, et il ne faut pas le consommer.

La date de durabilité minimale (DDM) concerne les produits stables : pâtes et riz secs, légumineuses, farines, biscuits secs, conserves, café, chocolat. Elle s'exprime par « à consommer de préférence avant » (ou « avant fin » suivi du mois ou de l'année pour les produits qui se gardent longtemps). Selon les autorités sanitaires, la denrée ne présente pas de danger une fois cette date passée ; elle peut seulement avoir perdu une partie de ses qualités, comme le goût, l'arôme ou le croquant.

DLCDDM
Formule« À consommer jusqu'au… »« À consommer de préférence avant… »
Ce qu'elle protègeLa sécurité sanitaireLa qualité gustative et nutritionnelle
Produits typesFrais réfrigérés : viande, poisson, laitages frais, traiteurÉpicerie sèche, conserves, boissons, surgelés
Après la dateNe pas consommerConsommable si l'emballage est intact et la conservation correcte ; vérifier l'aspect et l'odeur

La mention facultative sur la DDM

Pour limiter le gaspillage lié à la confusion entre les deux dates, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) du 10 février 2020 a prévu que la DDM puisse être accompagnée d'une mention informant le consommateur que le produit reste consommable après cette date. Le décret n° 2022-1440 du 17 novembre 2022 en a fixé les modalités : la mention doit figurer dans le même champ visuel que la date, et peut prendre la forme « Pour une dégustation optimale », « Ce produit peut être consommé après cette date », une combinaison des deux ou une formule équivalente.

Cette mention reste volontaire, pour respecter le droit européen : son absence ne signifie donc rien de particulier. Elle aide simplement à se rappeler qu'un paquet de pâtes de l'an dernier n'a pas sa place à la poubelle. Pour l'ensemble des mesures de la loi AGEC, voir notre article sur ce qui a changé au quotidien depuis 2020.

Les produits qui n'ont pas de date

Certains aliments sont dispensés de date de durabilité par le règlement INCO, parce qu'ils ne se dégradent pas ou parce que la date n'aurait pas de sens. La liste figure à son annexe X : fruits et légumes frais non épluchés ni coupés, vins et boissons titrant 10 % d'alcool ou plus, produits de boulangerie normalement consommés dans les vingt-quatre heures, vinaigre, sel de cuisine, sucre en morceaux ou en poudre, certaines confiseries composées presque uniquement de sucre, gommes à mâcher.

Le sel ou le sucre achetés en vrac n'ont donc pas de date, et c'est normal. Pour les autres produits, c'est l'humidité, la chaleur et les insectes qui fixent la vraie durée de vie, d'où l'importance d'un bocal fermé, sec, rangé à l'abri de la lumière.

En vrac, c'est vous qui tenez l'étiquette

Un produit préemballé porte sa date sur l'emballage. Un produit acheté en vrac repart dans votre bocal ou votre sac, sans rien. Dans sa note de 2021 sur la vente en vrac, l'Anses a recommandé que la date limite de consommation ou la date de durabilité minimale soit communiquée au client, et que celui-ci la conserve : sans elle, impossible de savoir quand consommer le produit, ni de réagir à un éventuel rappel. Nous détaillons les informations à relever dans notre article sur le fonctionnement de la vente en vrac.

  1. Au rayon, repérez la date affichée sur le silo, l'étiquette du bac ou la fiche du produit. Si elle n'est pas visible, demandez-la au vendeur.
  2. Au retour, notez sur le bocal le nom exact, la date d'achat et la date limite ou de durabilité.
  3. Ne mélangez pas un nouvel achat avec le fond d'un ancien bocal : terminez l'ancien, lavez, séchez, puis remplissez.
  4. Rangez par ordre de date : les plus anciens devant, les plus récents derrière.

Pour les produits frais achetés au comptoir dans une boîte apportée de chez soi (fromage à la coupe, traiteur, viande), le principe est le même : demandez jusqu'à quand le consommer, et notez-le sur le couvercle.

Au réfrigérateur et au placard : les bons réflexes

Les légumineuses, le riz ou les pâtes se gardent très longtemps dans de bonnes conditions ; avec le temps, ils deviennent surtout plus longs à cuire. Nos conseils pour conserver et cuisiner les légumes secs du vrac s'appliquent à toute l'épicerie sèche.

Et quand il faut jeter

Un aliment dont la DLC est dépassée, un reste douteux, des épluchures : ce ne sont plus des aliments mais des biodéchets. Depuis le 1er janvier 2024, ils doivent être triés à la source plutôt que jetés avec les ordures ménagères. À Toulouse, cela passe par le compostage ou par les bornes à déchets alimentaires installées dans les quartiers. Un emballage alimentaire vide, lui, va dans le bac de tri.

Lire correctement une date ne règle pas tout le gaspillage alimentaire, mais c'est l'un des gestes les plus simples : savoir distinguer ce qui ne se mange plus de ce qui se mange encore très bien.

Sources