Moins de déchets chez soi

Faire réparer ses appareils plutôt que les jeter : bonus réparation, indice de durabilité et repair cafés

Moins de déchets chez soi · · Publié le 2026-11-06

Bénévoles et visiteurs penchés sur des appareils ménagers ouverts posés sur des tables, tournevis en main, lors d'un atelier de réparation
Atelier d'un repair café à Reading (Royaume-Uni), en 2015 : on y apporte son appareil et on le démonte avec des bénévoles. Photographie de Karen Blakeman, CC0. Illustration générale, sans lien avec un lieu toulousain.

Le lave-linge vidange mal, la bouilloire ne chauffe plus, l'aspirateur s'arrête au bout de deux minutes. Le réflexe est souvent de regarder le prix d'un appareil neuf, puis de porter l'ancien à la déchèterie. Pourtant, une bonne partie de ces pannes se répare, et depuis la loi anti-gaspillage de 2020 la réparation hors garantie est en partie financée : une remise est déduite directement de la facture chez un réparateur labellisé. Voici comment en profiter, comment choisir un appareil qui durera, et ce qu'il faut faire de celui qui ne peut plus être sauvé.

Le bonus réparation, comment ça marche

La loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire, dite loi AGEC, a demandé aux fabricants d'équipements électriques et électroniques de financer un fonds réparation. Ce sont les éco-organismes de la filière, Ecologic et ecosystem, qui le gèrent, avec l'argent des éco-participations payées à l'achat des appareils neufs. Ils ont créé pour cela un label destiné aux professionnels, QualiRépar, attribué après un audit par un organisme indépendant. Seul un réparateur labellisé peut appliquer le bonus.

Le principe est simple pour le particulier. Il fait réparer son appareil chez un réparateur labellisé, qui déduit le montant du bonus de la facture ; le réparateur se fait ensuite rembourser la différence par l'éco-organisme. Il n'y a ni formulaire à envoyer, ni justificatif de revenu, ni condition d'achat d'un autre produit. Ecologic précise aussi que le réparateur labellisé accorde une garantie commerciale d'au moins trois mois sur la réparation.

Le dispositif a ses limites, qu'il vaut mieux connaître avant de se déplacer :

Quels appareils, pour quel montant

Le montant est fixé par type d'appareil et ne dépend pas du prix de la réparation. Voici quelques exemples tirés du barème publié par Ecologic sur son site e-reparation.eco, tel que nous l'avons consulté le 6 novembre 2026. Ces montants peuvent évoluer d'une année à l'autre : vérifiez celui de votre appareil avant de demander un devis.

AppareilBonus réparation
Téléviseur60 €
Lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge50 €
Ordinateur portable, ordinateur fixe50 €
Aspirateur (balai, robot, traîneau)40 €
Imprimante et scanner35 €
Téléphone portable, tablette25 €
Réfrigérateur ou congélateur, four encastrable, machine à coudre25 €
Four à micro-ondes, centrale vapeur20 €
Bouilloire, grille-pain, fer à repasser, sèche-cheveux15 €
Vélo classique ou à assistance électriquede 15 à 30 € selon l'intervention

Le même site sert d'annuaire : on y cherche son appareil, puis un réparateur labellisé près de chez soi, à Toulouse comme dans les autres communes de la métropole. Ecosystem tient de son côté un annuaire équivalent.

Le bonus textile et chaussures fonctionne sur le même modèle mais relève d'un autre éco-organisme, Refashion, avec ses propres couturiers et cordonniers labellisés : nous l'expliquons dans notre article sur les vêtements, le linge et les chaussures usagés.

Encore sous garantie ? Ce n'est pas au bonus de jouer

Pendant les deux ans qui suivent l'achat d'un appareil neuf, la garantie légale de conformité s'applique : en cas de panne, le vendeur doit réparer ou remplacer l'appareil, sans frais pour l'acheteur. C'est précisément pour cela que le bonus réparation est réservé aux appareils sortis de garantie. Depuis le 1er janvier 2022, un appareil réparé dans le cadre de cette garantie légale bénéficie de six mois de garantie supplémentaires, une mesure issue elle aussi de la loi AGEC. Avant de payer quoi que ce soit, retrouvez donc la facture d'achat : un lave-linge de dix-huit mois en panne relève du vendeur, pas du réparateur.

Avant d'acheter : lire l'indice de réparabilité ou de durabilité

La meilleure réparation est celle qu'on a anticipée au moment de l'achat. Depuis le 1er janvier 2021, un indice de réparabilité noté sur 10 doit être affiché, en magasin et en ligne, près du prix de certains appareils. Il note la documentation technique mise à disposition, la facilité de démontage, la disponibilité des pièces détachées et leur prix. Selon le ministère de la Transition écologique, il concerne aujourd'hui les ordinateurs portables, les tondeuses à gazon électriques, les lave-vaisselle, les aspirateurs et les nettoyeurs haute pression.

Pour deux catégories, il a été remplacé en 2025 par un indice de durabilité, plus complet : les téléviseurs depuis le 8 janvier 2025 et les lave-linge, à hublot ou à chargement par le dessus, depuis le 8 avril 2025. Cet indice ajoute à la réparabilité des critères de fiabilité, comme la résistance à l'usure et aux contraintes, la facilité d'entretien et l'existence d'une garantie commerciale. Le vendeur doit aussi pouvoir montrer le détail de la notation : c'est souvent là qu'on apprend combien d'années les pièces seront disponibles.

Réparer soi-même, ou avec d'autres

Toutes les pannes ne demandent pas un professionnel. Un filtre de lave-linge bouché, une courroie d'aspirateur usée, un joint de porte de réfrigérateur fatigué se changent souvent soi-même, à condition de débrancher l'appareil et de s'en tenir à ce qu'on maîtrise. Le site public de l'Ademe, Longue vie aux objets, rassemble des conseils d'entretien, des tutoriels de réparation et un annuaire de professionnels.

Quand l'appareil ne peut plus être sauvé

Un appareil électrique ne va jamais dans la poubelle d'ordures ménagères ni dans le bac jaune : ses composants et ses métaux se recyclent, et certains éléments, comme les batteries, présentent un risque d'incendie dans les camions et les centres de tri. Trois solutions existent.

  1. La reprise en magasin « un pour un » : à l'achat d'un appareil neuf, le vendeur doit reprendre gratuitement l'ancien de même type. Demandez-le au moment de la commande.
  2. La reprise sans achat : les magasins qui consacrent une grande surface de vente aux équipements électriques doivent reprendre gratuitement les très petits appareils usagés, même sans achat ; un bac de collecte est généralement installé à l'entrée.
  3. La déchèterie, qui dispose d'un espace pour les déchets d'équipements électriques et électroniques, et parfois d'une zone de réemploi pour les appareils qui fonctionnent encore. L'accès se fait avec le Pass déchèterie, présenté dans notre article sur les déchèteries de Toulouse Métropole.

Un appareil qui fonctionne encore mais ne vous sert plus mérite mieux que le recyclage : une ressourcerie, une association ou un voisin lui donneront une seconde vie. C'est l'esprit de la loi AGEC, dont nous avons résumé les principales mesures dans ce qui a changé au quotidien depuis 2020 : réparer, réemployer, et ne recycler qu'en dernier.

Sources