Moins de déchets chez soi

Vêtements, linge et chaussures usagés : où les déposer, comment, et ce qu'ils deviennent

Moins de déchets chez soi · · Publié le 2026-11-03

Deux conteneurs verts de collecte de vêtements et de textiles installés au bord d'une rue arborée
Conteneurs de collecte de textiles à Wezembeek-Oppem, près de Bruxelles (Belgique), en 2026. Photographie de Bdx, CC0. Illustration générale : les bornes françaises portent d'autres couleurs et d'autres logos.

Un jean élimé aux genoux, une chaussette orpheline, des draps devenus trop fins, une paire de baskets usée jusqu'à la semelle : la plupart de ces objets finissent encore dans la poubelle d'ordures ménagères, souvent parce qu'on croit que seuls les vêtements « donnables » ont leur place dans une borne de collecte. C'est faux. En France, les textiles d'habillement, le linge de maison et les chaussures sont collectés quel que soit leur état, à condition de respecter quelques règles simples. Voici lesquelles, et ce qui se passe après le dépôt.

Une filière organisée depuis 2007

La France applique depuis 2007 le principe de responsabilité élargie du producteur (REP) aux textiles d'habillement, au linge de maison et aux chaussures. Concrètement, les entreprises qui mettent ces produits sur le marché versent une écocontribution à un éco-organisme agréé par l'État, qui finance la collecte, le tri et le recyclage. Cet éco-organisme s'appelle aujourd'hui Refashion (il portait auparavant le nom d'Eco TLC). Il ne collecte pas lui-même : il s'appuie sur un réseau d'opérateurs, d'associations, de ressourceries, de boutiques équipées de bacs et de collectivités. Selon Refashion, la France compte environ 47 000 points de collecte.

Le mouvement dépasse désormais la France. La directive (UE) 2018/851, qui a modifié la directive-cadre européenne sur les déchets, impose aux États membres d'organiser une collecte séparée des textiles depuis le 1er janvier 2025. Pour un habitant de Toulouse, cela ne change pas le geste : la borne textile existait déjà, il s'agit surtout de l'utiliser davantage.

Ce qu'on peut déposer, et dans quel état

La règle tient en une formule de l'éco-organisme : « on prend tout ». Sont acceptés :

L'état importe peu : un vêtement troué, décousu, décoloré ou légèrement taché est accepté au même titre qu'une pièce en bon état mais démodée ou trop petite. Ce qui compte, c'est l'hygiène. Refashion précise que les textiles sales, humides ou tachés de peinture ou d'un autre produit chimique ne peuvent être ni réutilisés ni recyclés. Un seul sac mouillé peut moisir et abîmer le contenu des sacs voisins dans le conteneur : un passage en machine et un séchage complet avant le dépôt font toute la différence.

Les bons gestes au moment du dépôt

  1. Lavez et séchez ce que vous déposez, même ce qui vous paraît bon à jeter.
  2. Attachez les chaussures par paire, avec leurs lacets ou un élastique : séparées dans le tri, elles ne trouvent plus preneur.
  3. Utilisez un sac fermé de 30 litres au maximum, ou plusieurs : un grand sac ne passe pas dans la trappe d'une borne et finit souvent posé à côté.
  4. Ne laissez rien au pied du conteneur. Un sac posé sur le trottoir prend la pluie et devient un déchet ; si la borne est pleine, cherchez-en une autre ou revenez plus tard.
  5. Repérez le point le plus proche avec la carte des points de collecte de Refashion, qui recense bornes, associations, boutiques et déchèteries équipées.

Les déchèteries de la métropole peuvent aussi servir de point de dépôt, en plus de leur espace de réemploi pour les objets en bon état. Les flux acceptés varient d'un site à l'autre et le Pass déchèterie est nécessaire pour entrer : notre article sur les déchèteries de Toulouse Métropole et le Pass Decoset détaille les conditions.

Ce qui ne va pas dans la borne textile

ObjetOù le déposer
Vêtement, linge ou chaussure mouillé, moisi ou souillé de produits chimiquesOrdures ménagères (ou déchèterie pour les chiffons imprégnés de solvants ou de peinture)
Matelas, sommier, coussin de canapéFilière des éléments d'ameublement : reprise par le vendeur lors d'un achat neuf, ou déchèterie
Emballage en carton ou en plastique d'un vêtement neufBac jaune

À l'inverse, le textile n'a rien à faire dans le bac jaune. Celui-ci reçoit uniquement des emballages ; un vêtement s'y enroule autour des machines du centre de tri et sera de toute façon écarté. Les consignes de tri des emballages à Toulouse sont rappelées dans notre article sur le bac jaune et le verre.

Ce que deviennent les textiles collectés

Une fois la borne vidée, les sacs partent vers des centres de tri où chaque pièce est examinée à la main et orientée vers l'un de quatre débouchés : la réutilisation (friperies, boutiques solidaires, vente en France ou à l'étranger), le recyclage en nouvelles matières, la valorisation énergétique comme combustible, et l'élimination pour ce qui ne peut pas être traité autrement.

D'après les chiffres publiés par Refashion pour les tonnes triées, plus de la moitié est réutilisée, près d'un quart est transformé en matières à recycler (effilochage pour des isolants ou des rembourrages, par exemple), environ 10 % deviennent des chiffons d'essuyage pour l'industrie et le reste est valorisé en énergie ; seuls 0,12 % sont éliminés sans valorisation. C'est pour cela que le vêtement troué a sa place dans la borne : s'il n'est plus portable, ses fibres ou son tissu servent encore.

La part réutilisée dépend en grande partie de ce que les habitants déposent. Un vêtement propre, sec, protégé dans un sac fermé a beaucoup plus de chances de retrouver un porteur qu'un vêtement resté plusieurs nuits sous la pluie à côté d'une borne.

Avant la borne : réparer, donner, réutiliser chez soi

Le meilleur textile usagé reste celui qu'on n'a pas encore à déposer. Trois pistes, dans l'esprit d'une maison qui produit moins de déchets :

Trier sa garde-robe une fois par an, en faisant quatre tas (garder, réparer, donner, déposer), permet de ne rien laisser s'abîmer au fond d'un placard et d'apporter en une fois des sacs prêts pour la borne.

Sources